Un point sur l’impact de l’alimentation sur la santé.
L’étude SUVIMAX lancée en 1994, visait à tester l’impact d’une supplémentation en vitamines et minéraux dans la prévention des cancers et des maladies cardiovasculaires. Les résultats de cette étude ont été sujets à polémique puisque les résultats validaient l’hypothèse qu’une supplémentation en vitamines et minéraux notamment en substances anti-oxydantes pouvait permettre à un homme de 45 à 60 ans de réduire son risque de cancer d’un tiers. Au lieu de quoi, il a été communiqué que la consommation de compléments alimentaires n’était pas recommandée au long cours et que ce support n’avait été utilisé que pour des raisons de praticité. Ainsi les préconisations issues de cette étude SUVIMAX consistent à promouvoir la consommation quotidienne de fruits et légumes. C’est de cette préconisation qu’est issu le programme PNNS (programme national nutrition santé) qui prône notamment la consommation de 5 fruits et légumes par jour.
La faible consommation de fruits et légumes de qualité (par exemple dont les qualités nutritionnelles et gustatives n’ont pas été altérées par les modes de cueillette, de transport, de stockage, de transformation et de cuisine) est un problème de santé publique en France lorsqu’on la mets en parallèle avec l’augmentation des cancers ces 20 dernières années et l’augmentation de l’obésité et de ses maladies satellites comme le diabète et les maladies cardiovasculaires.
Cependant la recommandation du PNNS ne permet pas d’atteindre les quantités d’anti-oxydants administrées au 13000 volontaires de l’étude SUVIMAX sur lesquels une chute de 31% de cancers a été constatée. Il est donc clair que consommer 5 fruits et légumes par jour est un minimum, quelquefois difficile à atteindre selon les modes de vie urbains. Afin de pallier les surconsommations de nutriments auxquelles nous sommes quotidiennement confrontés, il est recommandé de compléter son alimentation par des compléments alimentaires adaptés. Pilule contraceptive, traitements médicamenteux (contre le diabète, le cholestérol, l’hypertension artérielle, l’ostéoporose etc.), stress, croissance, environnement pollué, intensification des cultures et appauvrissement des sols etc. De nombreux facteurs exogènes viennent gêner l’absorption des nutriments de notre alimentation ou en augmenter les besoins.
Il convient alors de choisir les compléments adaptés à chaque situation. Et c’est là que la situation se complique puisque comme dans tout marché, il existe d’excellents produits comme des produits médiocres. Un complément alimentaire peut se révéler médiocre lorsque sa formulation ne respecte des règles chimiques simples qui évitent de mettre en conflits certains nutriments et de créer ainsi des bombes oxydatives. Par exemple, ne jamais associer dans un même complément du fer avec du zinc, du fer et de la vitamine C, du fer avec du cuivre et du manganèse. Se pose ensuite le problème de la qualité et du dosage des compléments, et donc de leur efficacité. Privilégier les compléments à base de composants naturels (vitamine E naturelle vs vitamine E synthétique etc.), suffisamment dosés pour avoir une action concrète sans dépasser les seuils de sécurité pour certains nutriments comme le sélénium.
Une alimentation anti age et qui permet de lutter contre le cancer est une alimentation saine qui limite la consommation de plats industrialisés, d’aliments trop cuits, d’aliments riches en acides gras saturés, de protéines animales et favorise les fruits et légumes et notamment les crucifères, les poissons et poissons gras, les protéines végétales et les viandes blanches, les oléagineux et les légumineuses. C’est une alimentation qui lorsque c’est possible est issue de l’agriculture biologique lorsque cela a du sens. C’est une alimentation qui est complétée par une supplémentation en substances antioxydantes : vitamine C et E, lycopène, lutéine, sélénium, beta-carotène, polyphénols et en acides gras omega 3. La supplémentation permet tout simplement d’atteindre plus facilement les seuils d’efficacité d’action des nutriments.
Un point sur le rôle des omega 3 sur la santé physique et psychologique
Acides gras oméga 3 et prévention cardio-vasculaire.
De nombreuses études épidémiologiques randomisées et menés à grande échelle démontrent que la prise des quantités recommandées* de DHA et d'EPA sous la forme de suppléments diététiques de poissons ou d'huile de poissons abaisse les quantités de triglycérides dans le sang, réduit le risque de la mortalité et de la survenue de crise cardiaque ou d’épisodes d’arythmie cardiaque chez une population présentant des risques cardiovasculaires ou souffrant de maladies cardiovasculaires. La prise régulière d’oméga 3 ralentit la formation de plaques d’athérosclérose et abaisse la tension artérielle légèrement.
* 1 à 3 grammes d’omega 3 d’origine marine.
Acides gras oméga 3 et cancers
Michel de Lorgeril, dans son livre le pouvoir des oméga 3, constatait que les populations qui consomment traditionnellement beaucoup d’oméga 3 (Okinawa au Japon et une certaine frange de la population méditerranéenne) développent moins souvent des cancers que d’autres populations notamment occidentales. Les études scientifiques ne sont pas aussi abouties que sur l’effet protecteur des oméga 3 sur la sphère cardiovasculaire mais il est établi qu’une consommation suffisante et équilibrée d’oméga 3 (par rapport aux oméga 6) contribue à diminuer le risque de cancer. Ce constat est d’autant plus justifié qu’il vient corréler le rôle joué par les oméga 3 dans le bon fonctionnement du système immunitaire. Les défenses immunitaires permettent à l’organisme de se défendre contre les agressions extérieures. Cependant il leur arrive de se tromper et d’attaquer des cellules de l’organisme, en les prenant pour des agresseurs. C’est ce qu’on appelle les maladies auto-immunes. Ce dysfonctionnement de l’organisme serait dû à un déficit en oméga 3 par rapport aux quantités d’oméga 6. Pour rappel, ce rapport devrait être de 1g d’oméga 3 pour 4 ou 5g d’oméga 6, il est plus souvent de 20g pour 1.
Acides gras oméga 3 et dépression
Des études scientifiques ont pu mettre en corrélation la modification de nos habitudes alimentaires et le développement de nombreuses maladies dont la dépression. 10 à 20% de la population européenne serait concernée par la dépression. Certains pays comme la France sont d’ailleurs des champions avérés de la consommation d’anxiolytiques et d’anti-dépresseurs. On reconnaît aujourd’hui l’importance des oméga 3 dans la prévention et la lutte contre la dépression. Il s’agit toujours d’une question de proportion. Rééquilibrer le rapport oméga 3/oméga 6 limite le développement de la dépression. On conseille par exemple aux jeunes mamans de se supplémenter en oméga 3 pour subvenir à la surconsommation de certains nutriments et notamment des oméga 3. Ainsi, les oméga 3 aident à lutter contre le baby, qui lorsqu’il n’est pas pris en charge, peut rapidement se transformer en véritable dépression.
Les oméga 3 jouent définitivement un rôle important dans la santé humaine. Physiques (prévention cardiovasculaire, défenses immunitaires, maladies auto-immunes, prévention des cancers) ou psychologique s(prévention de la dépression et de certaines maladies psychiatriques), les bienfaits des oméga 3 semblent sans fin. Il ne s’agit pas d’en faire une substance miracle. Il suffit juste de se remémorer qu’il y a encore peu, personne ne parlait d’oméga 3 car ils étaient implicitement consommés de façon courante (huile de foie de morue, lin, colza oléagineux, mâche, cresson etc). Par ailleurs les oméga 3 s’intégraient dans la chaîne alimentaire. Les poules mangeaient du grain et des graines de lin et donnaient des œufs riches en oméga 3. Ces œufs naturellement riches en oméga 3 venaient augmenter la proportion quotidienne d’oméga 3. C’est bien la modification de notre mode de vie qui a rompu l’équilibre et qui est à l’origine des carences et de leurs conséquences.
Sources
Santé, mensonges et propagandes ; Tierry Souccar, éditions du seuil
Le pouvoir des oméga 3, Dr Michel de Lorgeril, éditions Alpen
Okinawa, un programme pour mieux vivre, Dr Jean Paul Curtay, éditions Anne Carrière
