La saga des casinos Partouche
Le deuxième groupe de casinotiers français, le groupe Partouche, ne se porte pas aussi bien qu'on ne le pense.
Les recettes de jeux ont chuté de 6% le premier trimestre 2006 (NDLR: les recettes de jeux correspondent à ce qui reste après avoir versé les gains aux joueurs) et atteignent 406 millions d'euros. Ce qui explique en partie cette baisse est l'obligation de présenter ses papiers d'identité à l'entrée des casinos dans le cadre de la protection des mineurs.
Cette loi n'explique pas tout. Près de 20% des casinos du groupe sont déficitaires d'après les comptes publiés. Par exemple, le casino de Nice génère un chiffre d'affaires de 11 millions d'euros alors que les frais de fonctionnement s'élèvent à 15 millions d'euros. De plus, les casinos de Lille et de Toulouse sont passés sous la barbe du groupe Partouche au profit de son principal rival, le groupe Barrière. Ce dernier a été choisi par Martine Aubry (NDLR: Martine Aubry est maire de Lille) et les casinos de Toulouse ainsi que de Mulhouse-Blotzheim sont désormais entre les mains du Numéro 1 français. Pour obtenir les concessions, les casinotiers français doivent verser aux municipalités 15% des recettes et des subventions culturelles. le groupe Barrière a une sérieuse avance sur son poulain Partouche en terme de ressources financières depuis qu'il est rattaché au groupe Accor et au fonds Colony.
L'histoire du groupe Partouche commence en 1962. A cette date, Isidore Partouche débarque de son Algérie natale. Ce fils d'épicier essuie plusieurs échecs dans des boîtes de nuits et lance, en 1973, son premier cercle de jeux à Saint-Armand-les-eaux. Le succès est retentissant et ne fait que commencer. D'autres salles de jeux ouvrent leurs portes : de Berck à la Ciotat, Partouche ouvre des casinos accessibles à une clientèle populaire et accepte même les touristes à franchir les portes de ses casinos en short. Le groupe Barrière les refuse et exige une tenue décente. Isidore Partouche achète un par un les établissements concurrents et, en 2005, il donne les rênes à son fils Patrick. A cette époque, le groupe Partouche possède 58 casinos.
Les acquisitions de casinos ont été trop importantes pour le groupe. Les vieux établissements ont été négligés. Au Touquet, l'état du casino est en très mauvais état par rapport à son concurrent Barrière qui est flambant neuf. Résultat: une machine à sous du casino Partouche rapporte 200 euros alors que celui de Barrière en rapporte 300. Idem pour le casino de Beaulieu-sur-Mer près de Nice. Les locaux du casino sont étroits et la décoration laisse à désirer. Ce casino figurait dans les années 1980 en deuxième position. Aujourd'hui, il est recalé en centième position.
Des travaux devraient être faits dans plusieurs casinos Partouche. La Ciotat, Bandol et la Grande Motte devraient retrouver une cure de jouvence. Les dépenses de fonctionnement n'ont pas été maitrisées et ont entraîné des chutes vertigineuses. Les frais de personnel ont grimpé de 34 à 41% du chiffre d'affaires depuis 2000. Certains cadres ont été parachutés à des postes de direction et sont pour la plupart des cousins de la famille. Leurs compétences laissent à désirer.
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